© Courtesy Anne de Vries
02 octobre 2017  / Parcours

Nuit blanche 2017 : on va où ?

Jeanne Gaudin
02/10/2017

Toute la nuit du samedi 7 au dimanche 8 octobre, la capitale est une nouvelle fois en fête, avec l’incontournable manifestation artistique qui a cette année un mot d’ordre inspirant : “Faire œuvre commune”. Inspirant !

Quelles sont nos différentes façons de vivre et d’agir ensemble ? Quelles conditions font naître l’envie de créer en commun ? Faisant fi de tout repli sur soi, artistes confirmés, collectifs émergents et simples amateurs lancent, pour cette 16e édition de la Nuit Blanche (sous la direction artistique de l’historienne de l'art et commissaire d'expositions Charlotte Laubard), une forte et ardente invitation à célébrer le faire-ensemble.

Une trentaine d’installations, performances et projections en accès libre sont à l’affiche de la catégorie IN. Deux itinéraires urbains ponctués de divers lieux emblématiques dessinent les contours d’une déambulation artistique et festive particulièrement enthousiasmante. Le parcours NORD met à l’honneur le bouillonnant quartier multiculturel de la Chapelle et s’étend jusqu’à la gare Rosa Parks en passant par la Halle Pajol et le CENTQUATRE. Le parcours CENTRE, quant à lui, serpente des berges du parc Rives de Seine à la place de la République, via l’Hôtel de Ville et les Halles. La ligne orange tracée au sol devient pour quelques heures notre fidèle guide. Et, si l’on ose un pas de côté, le OFF et sa très riche programmation parallèle (plus d’une centaine de propositions) s’offrent alors à nous : mairies d’arrondissement, musées, galeries, lieux associatifs… Une nuit entière n’y suffirait pas !

Parcours NORD, 18e

Rue de l’Evangile : Couvre-feux, performance de Jeanne Gillard et Nicolas Rivet.

17 octobre 1961. Plusieurs dizaines de manifestants algériens sont exécutés par la police dans les rues de Paris. Comment commémorer et donner à voir ce massacre, jusqu’ici occulté de la mémoire collective ? À défaut d’ériger un quelconque monument, la performance du duo d’artistes composé de Jeanne Gillard et Nicolas Rivet dessine dans la nuit un geste commun fort, un signe silencieux de résistance, comme une lutte chorégraphique contre l’oubli.

École élémentaire Guadeloupe : Figures imposées, vidéo de Bertille Bak.

Dans cette vidéo aux accents tragi-comiques tournée à Pau, des femmes suivent un entraînement quasi-militaire. Leur but ? Parvenir à traverser une frontière sans être vues. L’artiste Bertille Bak filme avec une légèreté feinte plusieurs subterfuges absurdes inventés avec des femmes exilées, et interroge ainsi la notion d’invisibilité appliquée à une population migrante déjà souvent ignorée.

Halle Hébert : The Master’s Tool, performance filmée par le trio (LA)HORDE.

C’est un curieux tournage de nuit qui nous attend dans cette friche industrielle de la SNCF promise à la destruction. Sous l’œil fervent de la caméra, danseurs (amateurs et professionnels) et véhicules s’animent avec passion en un étonnant ballet survolté.

Jardin Rosa Luxemburg - Pont Riquet : Rail Océan, performances musicales par MU.

À l’origine de ce dispositif monumental, il y a treize duos inédits de compositeurs issus de différents horizons musicaux. Tels treize départs de trains qui s’échelonnent avec régularité tout au long de la nuit, leurs singulières créations sonores investissent le vaste océan de rails situé derrière la Gare de l’Est. Accompagnées d’impressionnantes projections lumineuses, elles nous embarquent dans un voyage saisissant, au cœur de la mémoire du lieu et des flux migratoires qui l’habitent.

Gymnase Ostermeyer : Critical Mass : Pure Immanence, installation par Anne de Vries.

L’artiste néerlandais Anne de Vries propose ici une rave party qui promet de nous mener aux confins du mysticisme… Et pour poursuivre la balade en musique, la Philharmonie propose en OFF un programme éclectique, à découvrir de 20h30 à 6h30. Improvisations autour de la note la, musique minimaliste, hommage au génial compositeur Pierre Henry… promettent la perspective d’une nuit précieuse et insolite.


© Frédéric Iovino

Parcours CENTRE 

Parc Rives de Seine, 4e : Marée des Lettres, installation par Invisible Playground Network 

De grandes lettres en trois dimensions s’offrent au regard des visiteurs, invités à s’en saisir afin de composer des phrases au fil de l’eau. (Pour ce faire, l’application mobile Marée des Lettres permet de proposer un message, ensuite soumis au vote des participants.) De quoi souligner la nécessité du jeu dans les liens sociaux, et faire rimer “espace public” et “principes démocratiques”.

Canopée du Forum des Halles, 1er : Mille et une danses, chorégraphie d’Olivier Dubois

Pour sa création autour de scènes mythiques de danse de l’histoire du cinéma, Olivier Dubois fait appel à plus de 300 danseurs amateurs et 150 jeunes instrumentistes. « Monstre hybride de corps en mouvement », animé d’un « appétit féroce »… À entendre le chorégraphe décrire son œuvre, on brûle de découvrir ce nouveau spectacle annoncé « tout en paillettes » et qui promet de magnifier son écrin, la nouvelle Canopée du Forum des Halles.

Hôtel de Ville, 4: Le Procès de la fiction, art contemporain par Le Peuple qui manque

Dans la salle du Conseil de Paris s’ouvre un procès fictif d’un genre particulier… La frontière séparant faits et représentations, réalité et fiction, se voit ici questionnée par le duo de curateurs Le Peuple qui manque (Aliocha Imhoff et Kantuta Quirós). Avocats et témoins se succèdent. Sont appelés à la barre, entre autres personnalités, l’écrivain Maylis de Kerangal, le philosophe Jacques Rancière ou encore le vidéaste et écrivain Pacôme Thiellement.

Église Saint-Merry, 4: À notre étoile, installation par Children of the Light /

Au sein de l’église parisienne Saint-Merry, l’installation À notre étoile crée une atmosphère lumineuse aux nuances changeantes, un halo brumeux immersif aux effets stroboscopiques.

Église Saint-Eustache, 1er : Please (LC) de Lutz Bacher et Uomo Duomo d’Anri Sala, vidéos.

Dans les mystérieuses projections vidéo qui investissent l’église Saint-Eustache, deux visages se dessinent : la figure, éteinte et anonyme, d’un sans-abri endormi et celle, célèbre et regrettée, de l’artiste Léonard Cohen. La musique de ce dernier emplit alors l’espace d’une atmosphère calme et méditative, propice au recueillement.

Côté pratique
- Du samedi 7 octobre au dimanche 8 octobre, de 19 h à 7 h.

- L’ensemble des parcours est en accès libre

- Des points info s’installent sur le Parvis de l’Hôtel de Ville, sous la Canopée des Halles et sur l’Esplanade Nathalie Sarraute, de 17 h à 2 h du matin. Distribution de guides.

- Tout au long des parcours, des médiateurs sont présents. Imperméables rose fluo sur le dos, impossible de les manquer !

- Pour l’occasion, la RATP renforce son service de métro : sur la ligne 1 (entre Concorde et Gare de Lyon) et la ligne 12 (entre Notre-Dame-des-Champs et Porte de la Chapelle), plusieurs stations sont desservies toute la nuit.

Toutes les informations sur le site de la manifestation : www.paris.fr/nuitblanche

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