du 16 novembre 2017 au 18 mars 2018  / Expos

Expo : La folie en tête, ou l'art comme ultime remède.

Lydia Bougherara
10/11/2017

Quand l’art fait l’éloge de la folie.


« 200 » [Billet de banque], encre sur papier © Sammlung Prinzhorn Heidelberg

"Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais" écrivait Oscar Wilde dans Le Portrait de Dorian Gray.

La Maison de Victor Hugo propose de déconstruire les mythes autour de la maladie mentale en montrant ce qu’elle peut générer en  matière de création artistique.
 


Adèle Hugo fille, 1862. Photographie d'Edmond Bacot (1814-1875). Paris, Maison de Victor Hugo. © Edmond Bacot / Maisons de Victor Hugo / Roger-Viollet


L'art-thérapie a ouvert de nouveaux territoires de l'art. Point d'imagerie de la folie ou de mise en scène de quelconques troubles ici. Ce sont les malades et néanmoins créateurs qui sont mis à l'honneur.


Klett, Auguts [Klotz], IIIe Feuille : La république des coqs dans le soleil a donné dîner et danse sans déguisement, crayon, aquarelle, craie sur papier


L'exposition s'ouvre sur les Hugo, dans la lignée de l'exposition Entrée des médiums qui proposait déjà en 2012 d'envisager l'entourage proche de Victor Hugo touché par la démence - son frère d'abord, sa fille ensuite.

Passée cette entrée, on découvre vite un parcours pensé au rythme de quatre grands actes organisés chronologiquement. Chacun de ces actes célèbre les psychiatres qui ont su se montrer sensibles à leurs patients et aux artistes qu'ils pouvaient être.

Browne, Marie, Morgenthaler, Prinzhorn : quatre noms, quatre médecins sans qui cette prise de parole artistique n'aurait jamais été possible ni même présentée à nous. La Folie en tête, c'est donc un double hommage : une reconnaissance nécessaire accordée aux patients-artistes d'abord, mais également un hommage aux psychiatres qui se sont intéressés au traitement moral de leurs patients et ont jeté les bases de l'art-thérapie.


Joseph Askew, stylised figure, crayon et aquarelle s.d
© Dumfries and Galloway Libraries, Information and Archives Ewart Library


Les patients, ces êtres définis par la fragilité de leur santé mentale souvent vus comme des "illuminés"  s'illustrent tous par le regard éclairé qu'ils ont pu porter sur leur société. Comme l'illustrent "La mort et le soldat" de Hermann Heinrich Friedrich Behle ou "La lutte pour la survie" de Jakob Gerber, les conflits politiques des XIXe et XXe siècles ont continuellement irrigué les oeuvres de ces patients toujours pertinents dans leur démence.

Aujourd'hui, pour la première fois en France et sans doute pour la dernière fois - certains dessins étant très fragiles, un nom est enfin mis sur ces artistes isolés du monde qui ont pu trouver dans l'art un bel échappatoire. Une exposition toute en justesse qui ne pourrait mieux nous rappeler combien l'art est nécessaire et salvateur. 


La Folie en tête : aux racines de l'art brut
À la Maison de Victor Hugo
6, place des Vosges, Paris 4e
Du 16 novembre 2017 au 18 mars 2018
10h - 18h, du mardi au dimanche

Infos
Lieu

À la Maison de Victor Hugo
6, place des Vosges
75004 Paris

Horaires

Du 16 novembre 2017 au 18 mars 2018
10h - 18h, du mardi au dimanche

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