Icônes américaines A Nous Paris
du 14 mai au 22 juin 2015  / Expos

Les chefs-d’œuvre américains au Grand Palais

Thomas Séron
21/04/2015

Au Grand Palais, l’exposition Icônes américaines présente une sélection de peintures et de sculptures considérées comme des chefs-d’œuvre de l’art contemporain. Parmi les artistes les plus célèbres Calder, Warhol ou Lichtenstein côtoient des figures de l’abstraction, du minimalisme et du pop art. Entre séduction et questionnements.

Icônes américaines propose un condensé d’art contemporain américain. Le Grand Palais bénéficiant ici d’œuvres majeures en provenance de la collection de Doris et Donald Fisher (fondateurs de la marque Gap) et du Musée d’art moderne de San Francisco (SFMOMA), en travaux jusqu’en 2016. L’occasion d’une présentation d’artistes américains d’après-guerre. A une exception près : le sculpteur et peintre Alexander Calder, dont l’œuvre débute dans les années 1920.

La visite, jalonnée d’œuvres abstraites, minimalistes et pop art, s’apparente à une introduction à l’art contemporain – voire une initiation. Mais ne pas s’attendre à une exposition de très grande envergure. Il s’agit là d’un abrégé d’art contemporain qui se montre dans un espace plutôt modeste, avec deux à huit œuvres exposées par artistes. C’est un paradoxe, en particulier quand il s’agit de contempler de très grands formats (dont ceux de Roy Lichtenstein). Aussi, pour apprécier pleinement l’expo parfois déconcertante, l’audioguide n’est pas superflu. A défaut, on risque de passer à côté de certaines pièces. Au propre comme au figuré.

Dans le hall, sont présentés des mobiles de Calder (1898–1976), dont on apprécie la finesse, le mouvement perpétuel et les ombres projetées. « Ses œuvres offrent des incursions plaisantes dans l’illusionnisme, mais elles franchissent surtout le pas entre l’art qui fait allusion au mouvement et l’art qui « émeut » le spectateur en se mouvant », indique Caitlin Haskell, conservatrice adjointe au SFMOMA. « Les mobiles constituent l’une des explorations artistiques les plus réussies sur le thème de l’incertitude : ils sont toujours eux-mêmes, mais jamais identiques ». Le décor est planté.

                                        Vue d'exposition (c) Rmn-Grand Palais / Photo François Tomasi                                                                                           

Couleurs vibrantes

Si la contemplation des mobiles comporte un aspect de ludique, les œuvres qui suivent, celles d’Ellsworth Kelly et Cy Twombly, tiennent de prime abord de l’énigme… Bienvenue dans le territoire, pas toujours hospitalier, de l’abstraction. Tendance que le critique d’art Jean-Philippe Breuille présente ainsi : « On peut situer son origine aux environs de 1910 lorsque Vassily Kandinsky peint une aquarelle où toute référence au monde extérieur est délibérément supprimée ». Chez Ellsworth Kelly pourtant, on pourrait se contenter de « l’acte de voir », objet central de son œuvre. Se tenir devant les couleurs vibrantes et ces formes dites « parfaitement équilibrées ». Jusqu’au moment où Cité et Spectrum I produisent, ou pas, leur fascination. Comme la plupart des artistes exposés ici, Ellsworth Kelly innove. A tel point qu’il aurait ouvert la voie au minimalisme, au mouvement du color field, à l’abstraction hard-edge et même au pop art.

Plus loin, la grande salle consacrée à Philip Guston et à Richard Diebenkorn pourrait remettre le visiteur en selle : les deux peintres flirtent avec la figuration. Quoique. Pour le premier, on est frappé par la couleur, la matière et les traces de pinceau sur la toile. Chez le second, les deux huiles et fusain sur toile de la série Ocean Park (2,5 x 2 mètres), sous influence de Mondrian et de Matisse, valent davantage en tant qu’œuvres mûrement élaborées que comme représentations d’un quartier de Santa Monica, Californie.

La surprise et/ou le scepticisme sont à leur comble devant les carrelages en damier de Carl Andre. De même, on piétine allègrement son œuvre au sol intitulée Parisite sans s’apercevoir que l’on marche sur une pièce novatrice du courant minimaliste. Cela dit, passer dessus est autorisé, voire recommandé : le son des pas fait partie de l’expérience sensorielle.

Warhol superstar

On pénètre les salles consacrées à Roy Lichtenstein, Chuck Close et Andy Wahrol avec le sentiment d’être en territoires plus familiers. Et puis, les peintures pop art de Lichtenstein, inspirées par la bande dessinée, donnent le sourire. Elles font l’effet de détournements. Et disent, bien sûr, quelque chose des Etats-Unis dans les années 1960, où le télescopage des images de la culture de masse (actualités, publicité, loisirs) produit des messages confus dans les esprits.

La salle où sont accrochées huit œuvres d’Andy Warhol, dont l’affiche de l’exposition, constitue le morceau de choix d’Icônes américaines. Car la notoriété du pionnier du pop art et la popularité mondiale de certaines de ses encres sérigraphiques et peintures sur lin sont établies. Les voir réunies et les approcher, produit néanmoins son effet. Gigantesque National Velvet (3,5 x 2,1 m), magnétique Silver Marlon, troublante Jacky Kennedy de Two Jackies. Fasciné par les célébrités (et les hors-la-loi), Warhol interroge la surreprésentation des icônes médiatiques, et semble les dupliquer jusqu’à l’absurde, où elles perdent de leur éclat. A moins que la juxtaposition de la star et de l’objet, dont la fameuse boîte de thon, nous suggère que la profusion de l’image a tendance à transformer la figure humaine en objet.

Au bout du parcours, les lampes fluorescentes de Dan Flavin, les sinuosités de Brice Marden et les obsessions d’Agnès Martin poseront d’autres questions. Pour autant, Doris et Donald Fisher accordaient une importance prépondérante à la sensualité immédiate des œuvres.

Infos
Tarif

Tarif normal : 12 €

Tarif réduit : 9 €

Lieu

Grand Palais, Galeries Nationales
3, avenue du Général Eisenhower
75008 Paris

Métro : lignes 1, 9, 13 / Stations : Franklin-D.-Roosevelt, Champs-Elysées-Clemenceau
RER : lignes C / Stations : Invalides
Bus : lignes 28, 42, 52, 63, 72, 73, 80, 83, 93

Horaires

Tous les jours de 10h à 20h (sauf le mardi).
Nocturne le mercredi jusqu’à 22h.

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