Expo Velasquez A Nous Paris
du 29 avril au 13 juillet 2015  / Expos

Velázquez, tête d’affiche au Grand Palais

Mathieu Moussard
16/04/2015

Le Grand Palais présente une rétrospective de l’œuvre de Diego Velázquez (1599-1660), maître parmi les maîtres. Des chefs-d’œuvre à foison, à savourer en dépit d’une présentation un peu frustrante.

Manet l’appelait le « peintre des peintres », et son influence sur la peinture française est immense. Unanimement considéré comme l’un des plus grands par la critique européenne et américaine, Diego Velázquez se voit donc consacrer une rétrospective inédite en France, pour laquelle le Louvre et le Grand Palais ont joint leur forces (avec d’autres à Vienne, Madrid, Londres...). Débutant à 12 ans dans l’atelier de Pacheco, son maître sévillan, l’Espagnol était d’abord attiré par les sujets “humbles”. Ses premiers portraits lui valent d’entrer à la cour en qualité de peintre du roi. Ce tournant décisif va bien sûr marquer l’œuvre entière de l’artiste, qui deviendra proche du roi Philippe IV, assumant de hautes charges (il sera finalement nommé chevalier) et dirigeant à la fin de sa vie un vaste atelier. C’est l’un des aspects les plus intéressants de cette exposition.

Philippe IV a eu beaucoup de difficulté à engendrer un héritier au trône ; il y est finalement parvenu, après la naissance de plusieurs filles. L’infant Baltasar Carlos a grandi de toile en toile, jusqu’à une mort tristement précoce. Les portraits de Velázquez illustrent aussi bien l’éclosion de son talent que la vie à la cour : Philippe épousera en secondes noces la cousine destinée à l’origine à son fils, dont il aura plusieurs enfants parmi lesquels un nouvel héritier mâle. Les portraits, alors, vont bon train, destinés notamment à séduire les monarques d’autres grandes puissances pour former des alliances politiques favorables. Dans ces tableaux, on lit aussi bien l’extraordinaire puissance de l’Espagne au XVIIe siècle que celle du peintre affinant son art, enrichi par des visites prestigieuses comme celle de Rubens, en 1628-1629, ou des voyages, comme le premier (inspiré, pense-t-on, par Rubens) en Italie.

Velázquez va s’y mesurer à l’antique, rencontrer les plus grands peintres de son époque, s’essayer au paysage et à la peinture d’histoire, maître genre. Pour son second séjour, il part en qualité d’agent artistique du roi, mais peint, notamment un portrait du pape Innocent X devant lequel on tremble encore. En prenant de l’assurance, Velazquez gagne aussi en audace comme en témoignent les fameuses Ménines, un tableau hélas absent de l’exposition (mais une courte vidéo en révèle quelques passionnants mystères). Un portrait de la famille royale où un miroir joue un rôle symbolique fascinant, et qui a achevé de le consacrer.

(c) Didier Plowy pour la Rmn-Grand Palais, Paris 2015

Du récit académique à l’imaginaire

Le principal attrait de cette exposition, ce sont évidemment les tableaux. Ceux de Velázquez, mais aussi ceux de ses contemporains, à commencer par son gendre et disciple Juan Bautista Martinez del Mazo, véritable découverte. On peut regretter, cependant, l’approche trop scientifique des cartels et textes accompagnant le parcours. À force de chercher à qui attribuer de nombreuses toiles (on sera surpris de voir le nombre de tableaux dont on n’est toujours pas sûr qu’ils soient vraiment du maître lui-même), et d’insister sur les béances de l’histoire, le commissariat oublie un peu de raconter le peintre et son époque, telle qu’elle transparaît dans ses tableaux et portraits. La magie est un peu amoindrie.

Pour pallier cette lacune, une lecture inattendue s’impose. Les éditions Futuropolis ont publié, à l’occasion de l’exposition, une BD intitulée Les Ménines, une histoire de Velázquez. L’album délaisse le récit académique pour accumuler les digressions géniales (façon comics, parfois) au fil des rencontres et des inspirations de l’artiste. Il imagine une existence pleine de rebondissements, eux-mêmes documentés avec des sources historiques très sérieuses. Il en ressort un portrait du peintre vivant et joyeux, où l’on croise Picasso, Foucault, Le Titien et d’autres, et l’on a enfin l’impression d’approcher plus personnellement ce joyau de l’histoire de l’art. Un double rendez-vous, donc !

À lire : Catalogue de l’exposition, coédition RMN/Musée du Louvre, 50 €. Les Ménines, de Santiago Garcia et Javier Olivares, éditions Futuropolis, 184 p., 25 €.

Infos
Tarif

Normal : 13 €

Réduit : 9 €

Lieu

Grand Palais, Galeries Nationales
3, avenue du Général Eisenhower
75008 Paris

Horaires

Du mercredi au samedi de 10h à 22h
Dimanche et lundi de 10h à 20h

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