© David Hugonot Petit
29 novembre 2017  / Concerts

Les concerts de la semaine

Alain Cochard, Ivan Essindi & Stéphane Koechlin
29/11/2017

Retrouvez notre sélection des concerts de la semaine !

Rodolphe Burger

Créateur d’espaces sonores surréalistes avec son groupe Kat Onoma (1986-2004) où se confrontaient ambiances sombres, poésie rock abrupte et réverbérations punk hypnotiques, Rodolphe Burger s’est mué en un explorateur passionné, ignorant toutes frontières. Musique, littérature, philosophie (il fut un temps prof et s’intéressa de près, étudiant, aux travaux de Derrida), cinéma, spiritualité… Rodolphe Burger cultive l’art de l’éclat avec un panache discret. À l’instar de ses premières amours soniques pour le rock vénéneux du Velvet, le blues christique de Muddy Waters, les explosions psyché de Pink Floyd… À l’image de ses collaborations – entre prestige et défi –, qui lui font croiser la route d’Alain Bashung et de Françoise Hardy, d’Erik Truffaz et de Jacques Higelin, du poète palestinien Mahmoud Darwich et de Rachid Taha. Au gré de ses rencontres et de ses voyages intérieurs, l’Alsacien a façonné une singulière carte sonique (entre blues hypnotique et post-rock aérien, guitares dénudées et pulsations organiques, digressions cuivrées et cut-up lyriques) où se nourrit sa quête de territoires esthétiques vierges à enchanter.

Avec Good, cinquième et dernière étape en date d’une discographie impeccable, Rodolphe Burger sublime son rock d’outre-tombe d’une simplicité lumineuse. À mi-chemin entre l’œuvre littéraire, la pièce de théâtre et la performance sonore, Good dégage une puissance émotionnelle qui donne la chair de poule, entre conversations instrumentales en clair-obscur (“Poème en or”) et montée électrique (“Fx of love”).
Et toujours cet appel des mots, cette conscience de la voix qui, ici, convoquent Samuel Beckett (“Good”) et le complice Olivier Cadiot, des fragments de Lenz et la poésie bancale de T.S. Eliot, Goethe et Michel Deguy. De quoi promettre de belles balades oniriques sur scène, lieu de tous les possibles dont Rodolphe Burger a toujours fait « des moments suspendus… où l’espace temps offre un répit avant le chaos final ».

Jeudi 30 novembre à 19 h 30 au Trianon, 80, boulevard de Rochechouart, 18e, M° Anvers.
Places : 35,20 €.

Angels In Paris : The Books of Angels de John Zorn

Le saxophoniste John Zorn est un ovni musical dont l’œuvre protéiforme donne le vertige : punk, free-jazz, avant-garde… Ce New-Yorkais, attaché au judaïsme, est considéré comme l’un des compositeurs les plus importants de ces 30 dernières années. L’homme a mis en route des projets pharaoniques. Dès 2005, il lance The Books of Angels, riche de près de 30 volumes dévolus à la musique improvisée où tant d’artistes se sont aventurés. Le festival Jazz‘n’Klezmer a invité trois groupes à explorer cette épopée, du free-jazz au folklore, agrémentée de belles mélodies. Comme celles que nous offriront les violonistes du trio écossais Saltarello associé à l’altiste Garth Knox. Ils partageront l’affiche avec le groupe parisien Autoryno que John Zorn lui-même a adoubé en le faisant signer sur son label Tzadik, créateur d’un punk électrique orientalisé, plus âpre que Saltarello. Enfin, la troisième formation, américaine, Abraxas tire sa légitimité de son leader, Shanir Ezra Blumenkranz, un joueur d’oud et de gumbri qui a souvent accompagné John Zorn, ce démiurge tout puissant et fantomatique dont l’univers varié et insondable n’en finit pas d’attirer les esprits romanesques.

Mardi 28 novembre à 20 h, au New Morning.
7-9, rue des Petites Écuries, 10e, M° Château d’Eau.
Places : 33 €. Tél. : 01 45 23 51 41.

Geneviève Laurenceau et David Bismuth

Une longue complicité musicale et amicale unit la violoniste Geneviève Laurenceau et le pianiste David Bismuth mais c’est seulement aujourd’hui qu’ils signent leur premier disque en duo : Paris 1900 (label Naïve). Un album qui réunit la sonate n°1 de Fauré, la sonate n°1 de Saint-Saëns et la méconnue mais non moins séduisante sonate de Gabriel Pierné (1863-1937), grand compositeur mais négligé. Un programme entièrement français pour un premier enregistrement ? « C’était une évidence, répondent les interprètes, nous partageons un amour très fort pour ce répertoire ; il coule dans nos veines. » La fluidité, le raffinement, l’ardeur aussi, distinguent l’approche de deux artistes que l’on retrouve vendredi prochain dans le cadre original du Bal Blomet pour fêter la sortie de leur disque. Geneviève Laurenceau et David Bismuth interprètent de larges extraits des sonates de Fauré, Saint-Saëns et Pierné et en profitent pour inviter des amis musiciens. Le clarinettiste Pierre Génisson et la mezzo Ambroisine Bré, récent Grand Prix du concours international Nadia et Lili Boulanger, seront à leurs côtés pour donner d’autres pages de Saint-Saëns et Fauré, mais aussi de Reynaldo Hahn. Difficile de résister à cette alléchante balade musicale au temps de Proust.

Vendredi 1er décembre à 20 h 30, au Bal Blomet, 33, rue Blomet, 15e,
M° Volontaires. Places : 15-20 €. Tél. : 01 45 66 95 49. www.balblomet.fr

Vitalic

On ne résiste pas à l’appel du large, et quand Vitalic – que beaucoup considèrent comme l’un des pères fondateurs de l’électro-clash française – nous invite à Voyager (son dernier album, paru en janvier), on a envie de foncer avec lui direct. Symbole d’une musique électronique affichant fièrement ses amours rock, techno, new-wave ou disco, le DJ et producteur dijonnais Pascal Arbez-Nicolas fédère depuis plus de quinze ans fans d’électro, clubbeurs exigeants et esthètes sonores, autour de ses productions dopées aux vitamines dance, son statut d’authentique défricheur et ses prestations live électrisantes. Une performance qui le place aujourd’hui parmi les artistes électroniques français les plus appréciés du (grand) public. C’est que, dès ses débuts fracassants avec le fameux Poney EP sorti en 2001 sur le label du mythique DJ Hell Gigolo Records, on ne pouvait que se sentir en phase avec ce touche-à-tout musical qui rappelait avec malice que la techno pouvait être curieuse ; curieuse d’autres musiques, d’autres cultures, d’autres histoires. Une insatiable soif de découvertes, de pulsions sonores, de machines sans âge que Vitalic décline avec une sobriété et une constance impressionnantes. Des classiques électro “My friend Dario” ou “La Rock 01” à la richesse poétique et mélodique des albums Rave Age et Voyager, Vitalic redéfinit au fil des projets et des envies la notion de musique électronique, lui insufflant flamboyance et audace, énergie et douceur, instinct et sensualité.

Samedi 2 décembre à 20 h au Zenith, 211, avenue Jean-Jaurès, 19e, M° Porte de Pantin.
Places : 38,80 €. À noter, en guests, DBFC et Rachid Taha.

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