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11 juillet 2016  / Musique

Music by Giorgio !

Ivan Essindi
08/07/2016

Maître incontesté de la disco orgasmique, pionnier de la musique électronique et référence ultime des Daft Punk, Giorgio Moroder reste un mythe qui dépasse les époques. À 76 ans, le génial producteur du hit « I Feel Love » et sa fameuse moustache n’ont jamais été aussi hype. Entretien avec un talent immortel.

En se renseignant un peu sur vous, on s’aperçoit que vous entretenez de longue date un rapport particulier avec les artistes français…

Giorgio Moroder : Effectivement, j’ai souvent croisé la route de grandes personnalités de la musique française. C’était toujours dans des circonstances improbables. Les Daft Punk ne sont pas les premiers français avec qui j’ai travaillé. Bien avant, au tout début des années 60, j’avais déjà accompagné Johnny Hallyday à la basse lors d’une tournée dans le Sud de la France. Plus tard, j’ai écrit des chansons pour Mireille Mathieu et France Gall… Et puis plus rien pendant des décennies. Je suis allé vivre en Allemagne et ensuite en Californie. Ceci dit, j’ai toujours tellement apprécié la France ! Pour certains de ses artistes certes, mais aussi parce que c’est le pays des épicuriens. Et ça, pour un Italien comme moi, ça n’a pas de prix !

 

A l’époque du hit « I Feel Love » de Donna Summer en 1975, vous disiez rechercher en permanence « le son du futur ». Plus de 40 ans plus tard, nous sommes dans cet avenir ! Et l’esprit totalement défricheur de ce titre continue de hanter l’ensemble de la pop…

Pour moi, le futur était une obsession. Une idée fixe que Donna et moi voulions retranscrire de manière énigmatique mais bien réelle dans la musique. « I Feel Love » est l’une de mes productions les plus connues grâce à sa ligne de synthé qui, pour moi, évoquait un son venu d’un autre temps. Cette ligne de séquenceur est devenue la norme, l’étalon. Nous avons été les premiers à utiliser ces outils électroniques, avec quelques autres. Pourtant, dans ces années-là, on nous regardait de travers ! Aujourd’hui, je n’en reviens pas que ces chansons continuent de toucher et d’influencer des générations entières. Comme quoi, nous avions réellement touché du doigt « le son du futur ! »

 

Vous avez eu l’impression de toucher à nouveau du doigt le futur lorsque les Daft Punk vous ont contacté pour participer à leur album Random Access Memories paru en 2013 ?

Les Daft Punk, ce sont vraiment des phénomènes ! Je connaissais leur travail depuis longtemps et je suis plutôt fan ; j’avais déjà été impressionné par leur chanson « One More Time ». Cette utilisation des voix, des compressions et des samples était révolutionnaire… et mon fils qui est dingue de leurs albums était revenu de leur fameux concert à Coachella en 2006 des étoiles plein les yeux, en disant : « Papa, ces gens-là nous montre l’avenir à travers leur musique ! ». Et puis il y a quelques années, j’ai reçu le plus improbable des appels : c’était les Daft Punk ! Ils me disaient combien ils étaient admiratifs de ce que j’avais fait et m’ont demandé si je voulais collaborer à leur prochain album. Évidemment je n’ai pas pris une minute pour réfléchir ; j’ai accepté ! Je me trouvais à Paris et un soir je suis passé les voir à leur studio. Délicieux moment… Tout ce que j’ai fait avec eux, c’est de parler de ma vie.

 

Et quelle fut votre réaction lorsque vous avez entendu « Giorgio par Moroder », leur titre-fleuve de plus de neuf minutes qui vous rend hommage ?

Je l’ai entendu pour la première fois dans leur studio, où ils ont joué la chanson pour moi. C’était phénoménal ! Je suis resté sans voix ; ils ont fait un boulot incroyable. Juste de l’art pur. J’étais au bord des larmes, et la chanson traduisait à merveille toutes ces émotions fortes – bonnes ou désagréables – qui avaient émaillé ma vie. Une chanson qui ressemble autant à un testament artistique ou à une biographie, je trouve l’idée tout simplement géniale ! En plus ça m’arrange pas mal tout ça ; moi qui ai du mal à me souvenir avec précision des dates, là tout est consigné – et de quelle manière ! Plus besoin d’écrire mes mémoires !

 

Vous avez fait votre grand come back discographique l’année dernière avec l’album Déjà Vu qui mettait fin à plus de 20 ans de silence. Votre passion pour les voix féminines semble toujours aussi vivace puisqu’on y retrouve les featurings de Britney Spears, Kylie Minogue, Charli XCX ou encore de Sia. Quelle est la principale différence entre bosser avec des icônes comme Donna Summer ou Debby Harry (de Blondie) et la nouvelle génération ?

Quelqu’un de 76 ans comme moi, qui compose et produit de la musique depuis plus de 60 ans, a conscience que le monde a changé. La manière de faire de la musique aussi et les attentes du public ne sont plus les mêmes. Les stars, ce qu’on attend d’elles a évolué également. Pendant l’enregistrement de mon album Déjà Vu, je me suis aperçu que le problème majeur aujourd’hui pour faire de la belle musique, c’est la communication. Dans les années 60-70, lorsque je travaillais avec Donna Summer, on se parlait directement, on partageait des idées, des moments, des émotions ensemble. On parlait d’égal à égal, en toute liberté, lancés ensemble dans une même aventure. Tout se faisait le plus spontanément possible. Puis, dans les années 80, lorsque j’ai commencé à collaborer avec des stars de l’industrie du disque et des studios de cinéma, je parlais déjà plus avec des agents et avec les executives des labels qu’avec les artistes. Mais on vous laissait cependant prendre le temps de bien faire les choses… Aujourd’hui, vous ne voyez plus les artistes que deux heures entre deux vols, juste parce que vous êtes finalement arrivés à bout d’un assistant manager qui gère un planning totalement accaparé par les sponsors et sur lequel la maison de disque n’a presque plus son mot à dire…  

 

Lors de votre tournée internationale vous présentez un DJ set. Quand on visionne quelques vidéos de ces shows sur YouTube, on remarque que votre public est à l’image de la diversité et la richesse de vos compositions : éclectique et de tous âges…

Mon public est incroyable. Je vois des jeunes, des moins jeunes, la quarantaine, et la cinquantaine… Mais mon fils, qui est fan de musique et toujours à l’affût des dernières révolutions sonores reste mon principal point de repère. S’il aime, alors je peux me dire que ma musique peut encore intéresser les gens…

 

 

Infos
Tarif

Places : de 49,50 euros à 96,80 €

Lieu

L'Olympia
28, boulevard des Capucines
75009 PARIS

M° Opéra ou Madeleine

Horaires

Le 11 juillet, à 20h

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