Sasha Siem (c) Ludovic Etienne
28 février 2016  / On y était

Festival, jour 5 : toute première fois

Maud Joe
02/03/2016

Si toi aussi tu étais hier à Paris et non en Californie, et qu’en plus tu as eu la chance d’assister avec des dizaines d’autres privilégiés à l’avant-dernière soirée du Festival A NOUS PARIS FIREWORKS au POINT ÉPHÉMÈRE, ton trending topic du jour à la machine à café avait un potentiel de surprise bien supérieur à celui du palmarès des Oscars (mais quand même bravo, Leo).

Au programme, l’atypique anglo-norvégienne Sasha Siem, le groupe indie rock de Boston Palehound et la révélation écossaise 2015 C Duncan. Le point commun entre ces trois artistes ? C’était leur premier concert à Paris, ce qu’ils n’ont pas manqué chacun de souligner, apparemment ravis (mais pas que de la crèche) d’être ici. Si la hype autour d’un concert peut se jauger au nombre de photographes se massant au premier rang, celui d’hier était définitivement the place to be.


Sasha Siem


(c) Ludovic Etienne


(c) Ludovic Etienne

Accompagnée d’un bassiste (également préposé aux machines), d’un batteur et d’un violoniste, Sasha Siem a égrené les compos pour le moins insolites de son premier album « Most of the Boys », dans une atmosphère tout en en clair-obscur. La jeune femme s’amuse et virevolte sur scène, déconcertant parfois le public avec de brusques changements rythmiques, en particulier sur le titre éponyme. Silhouette gracile en perfecto de cuir et combinaison aux étranges motifs, celle que la presse dite spécialisée a eu tôt fait de comparer à Joanna Newsom ou Björk pour sa singularité (d’aucuns diraient bizarrerie) dans un univers pop un peu aseptisé, s’est effectivement révélée à la hauteur de sa réputation d’originalité. 


Palehound 


(c) Ludovic Etienne


(c) Ludovic Etienne


A l’origine projet solo de la (très jeune ET douée) chanteuse / guitariste / multi-instrumentiste / compositrice Ellen Kempner, Palehound s’est présenté hier soir sous la forme d’un trio habité et bientôt transpirant, apparemment fortement biberonné à l’indie rock des 90’s. En l’observant sur scène, on imagine aisément Ellen enfermée dans l’intimité de sa chambre d’ado, noircissant des carnets en se passant en boucle les albums de Pavement ou des Pixies. Alternant entre ballades mélancoliques qu’elle interprète seule accompagnée de sa guitare (particulièrement touchante dans ces moments dépouillés) et morceaux énervés dans la veine des légendes suscitées ou bien psyché (coucou Mac DeMarco, le côté solaire en moins), la jeune femme a su nous charmer par sa spontanéité. Mention spéciale au jeu de scène crypto-grunge du bassiste Nick Koechel et surtout aux expressions faciales incroyables du batteur Jesse Weiss, qui a chaque coup de baguette ouvrait la bouche dans une sorte de court râle extatique mais néanmoins silencieux, tel une Sharapova au masculin à qui on aurait retiré les cordes vocales.


C Duncan 


(c) Ludovic Etienne


(c) Ludovic Etienne


La première surprise en découvrant Christopher Duncan sur scène, c’est qu’il ne ressemble pas vraiment aux photos de presse qu’on a pu recevoir à la sortie de son magnifique premier album « Architect ». Comme me le glissa à l’oreille mon voisin, « on s’attendait à un gringalet timide et on voit débarquer un rugbyman ». Son apparence tranche d’autant plus avec la pureté de son chant qu’il s’exprime avec un fort accent écossais lorsqu’il s’adresse avec bonhommie à un public résolument acquis à sa cause. Le jeune homme s’avère être un équilibriste doué, entre rigueur due à sa formation classique au Royal Conservatoire of Scotland et fantaisie onirique, capable de faire s’agrandir un peu plus le sourire des personnes présentes avec chaque nouvelle plage de dream pop planante dont il a le secret. Un pur moment de félicité.

 

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