20 Oct 2014
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Peinture

Kehinde Wiley - “The World Stage : France, 1880-1960”

  Kehinde Wiley - “The World Stage : France, 1880-1960”

Avec lui, les b-boys ont des allures de majestés et le peintre Titien pourrait sortir du ghetto. Kehinde Wiley continue de brouiller les pistes dans son premier solo show français à la galerie Daniel Templo

 

Découvrir le travail de Kehinde Wiley, c’est un peu comme voyager dans le temps avec une machine qui serait déréglée. L’artiste s’amuse à portraiturer de jeunes Noirs ou métis issus des banlieues défavorisées à la façon des grands maîtres de la fin du XVIIe et du début du XIXe siècle. Dans ses tableaux les plus connus, on reconnaît les codes vestimentaires associés au hip hop – veste de jogging, jean baggy, chaînes en or qui brillent –, mais la pose et les accessoires (trônes, sceptres, chevaux, attributs religieux) sont, eux, empruntés aux portraits réalisés par Ingres, Gainsborough ou Van Dyck.

En réinterprétant le vocabulaire traditionnel de la puissance et du prestige, l’artiste met en scène de façon hyperbolique ses “boys” charismatiques. Chouchou des rappeurs et des sportifs, il a notamment fait le portrait de Grandmaster Flash, LL Cool J ou encore Ice T (représenté tel le “Napoléon Ier sur le trône impérial” d’Ingres). Pourtant, Kehinde Wiley ne se limite pas à un mélange de bling-bling et de rococo. Né en 1977 d’un père yoruba du Nigeria et d’une mère afro-américaine, élevé dans une banlieue défavorisée de Los Angeles, l’artiste héroïse, et érotise, les “invisibles” traditionnellement exclus des représentations du pouvoir.

Le résultat est un téléscopage surprenant entre l’histoire de l’art et la culture de la rue, entre la représentation des Noirs et les références artistiques auxquelles on s’attache, entre le machisme affirmé de ses modèles et un homo-érotisme assumé. Ambiguë, son oeuvre oscille entre critique politique et aveu de fascination face au luxe et à la grandiloquence des symboles de la domination masculine occidentale. Pour son exposition parisienne, l’artiste présente un nouveau chapitre de son projet “The World Stage”, commencé en 2006, pour lequel il sillonne le monde, des favelas de Rio aux faubourgs de New Dehli où il effectue des castings sauvages. De ses rencontres avec ces jeunes issus des ghettos sont nés de nouveaux portraits saturés d’ornementations et de références à la grande peinture classique. Pour ce volet, Kehinde est parti sur les traces des cultures africaines et de l’histoire coloniale française en Afrique (1880-1960) en explorant le Maroc, la Tunisie, le Gabon, le Congo et le Cameroun. On pourra donc découvrir dans cette exposition des toiles inédites inspirées de son incroyable périple à travers le continent africain. A 35 ans, ce diplômé de Yale est un artiste dont le travail et la cote ne cessent d’évoluer, un “street portraitiste” à découvrir absolument.

 

Jusqu’au 22 décembre à la galerie Daniel Templon, 30, rue Beaubourg, 3e. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 19 h. Entrée libre.

 

Texte : Sophie Peyrard

 

 
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