18 septembre 2017  / Voyages

L'agrotourisme : voyager solidaire

Benjamin Cerulli
18/09/2017

Le tourisme vert à la cote depuis quelques années. Lumière sur un secteur agrotouristique qui ne cesse d'évoluer.


La sublime campagne Toscane, reine de l'agrotourisme

Ils sont de plus en plus nombreux à préférer le tourisme des champs à celui des villes, privilégiant l'option « gîte à la ferme-bonne bouffe-rando » au détriment du tourisme de masse citadin.
Ce qu'on appelle plus communément « se mettre au vert » a pris aujourd'hui de nouvelles significations, avec des offres de plus en plus complètes et diversifiées et des pays comme l'Italie qui ont parfaitement su exploiter leur héritage agricole.

Par définition, l'agrotourisme est une forme de tourisme visant à promouvoir le capital rural, à favoriser le développement régional, améliorant ainsi le revenu de la population locale. Il comprend l'hébergement en zone rurale, la restauration, principalement réalisée à partir de produits cultivés par l'exploitation ou par les fermes voisines, et l'organisation d'activités de loisir, culturelles ou pédagogiques. Né à la fin du xxe siècle, principalement dans les campagnes anglaises et les montagnes allemandes, l'agrotourisme a connu une expansion dans les années 60, notamment en France, avant une baisse significative dans les années 90.

Une activité qui a depuis repris des couleurs, synonyme de lueur d'espoir pour des agriculteurs en première ligne des différentes crises économiques, et symbole de réconciliation entre milieux ruraux et urbains, entre producteur et consommateur. Un autre mode de tourisme s'inscrivant au cœur de la transition écologique européenne, en évolution permanente et en constante augmentation, souvent loin des circuits traditionnels. 

L’Italie a tout compris 


En France, le Pays Basque est l'une des régions pionnières en matière de tourisme à la ferme.

Portugal, Espagne, Belgique, Pays-Bas, Slovénie... Ils s'y sont tous mis. Mais le maestro dans le domaine reste l'Italie, avec une augmentation de 8 % dans le secteur agrotouristique par rapport à l'année dernière (source : La Stampa), grâce à un territoire – surtout sa partie nord – historiquement agricole et mondialement reconnu pour sa gastronomie, chaque région ayant ses spécialités.

Attention les lignes qui suivent sont susceptibles de titiller vos papilles et de vous faire googler « restaurant italien Paris » dans la foulée… Circuit œnologique dans les Langhe du Piémont, également terre de production de truffes blanches, de noisettes et où a notamment été créée la plus célèbre des pâtes à tartiner ; foire à la charcuterie, parmesan, vinaigre balsamique et tortelli di zucca – sorte de gros raviolis fourrés au potiron – en Émilie-Romagne ; olives à l'ascolane et spaghetti « mare e monti »  – spaghetti « terre et mer » à base de calamars et de champignons – dans les Marches ou frittata – omelette à la truffe noire – en Ombrie.

 Et s'il est une reine des reines en la matière dans la Grande Botte, c'est bien la Toscane, région au riche patrimoine culturel (Florence, Pise, Lucques) mais surtout terre agricole par excellence, d'une diversité culinaire exceptionnelle et où les offres agrotouristiques fourmillent, du nord avec les collines des basses Apennins aux plaines du sud, entre les provinces de Sienne et de Grosseto. 

 

La France, un des plus gros potentiels en Europe 


Camargue

Tous les pays européens ne sont évidemment pas égaux quand il s'agit de promouvoir leur terroir, et de ce côté la France n'a pas grand-chose à envier à son voisin transalpin avec un territoire à 80 % agricole et dont la réputation pour l’art culinaire n'est plus à faire.
Les chiffres ont d'ailleurs explosé ces dernières années, le tourisme rural concernant pas moins de 143 000 établissements en 2016 – cela comporte les campings, chambres d'hôte, fermes ou autres meublés de tourisme comme les roulottes, tipis, tentes-bulles ou cabanes perchées dans les arbres – et représentant environ 30% du chiffre d'affaires touristique national sur les cinq dernières années (Source : ministère de l'Agriculture)

Un potentiel toutefois pas encore totalement exploité quand on le compare à l'Italie – il faut dire que de l'autre côté des Alpes la pratique est encadrée par une loi depuis 2006 – mais déjà très en vogue dans certaines régions au patrimoine agricole dense comme le Pays basque, la Gironde – notamment pour sa route des vins –, la Dordogne ou le Lubéron – une des régions où l'on compte le plus d'offres –, attirant chaque année des voyageurs en quête de nouvelles valeurs, à la recherche d'authenticité et de convivialité sans pour autant lésiner sur la question du confort.

Une pratique soutenue par la PAC (Politique Agricole Commune) et portée par plusieurs associations comme Bienvenue à la ferme ou Accueil Paysan, synonyme de levier économique pour les agriculteurs de nos régions – le revenu peut parfois dépasser celui de leur production annuelle. En France, une des premières régions à avoir franchi le cap est la Camargue, terre à la faune et à la flore resplendissantes qui œuvre depuis le début des années 2000 pour redonner du dynamisme à ses contrées multicolores... Au programme, visite des exploitations, promenades à cheval dans les marais, restauration et vente directe de produits locaux comme le riz, le sel ou la viande de taureau.

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